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Mieux vivre avec ses allergies saisonnières

Nez qui coule, yeux qui piquent, éternuements à répétition… chaque année, c’est la même chose : les allergies saisonnières s’invitent dans notre quotidien. Émilie Doucas, Infirmière praticienne spécialisée en première ligne (IPSPL) de la clinique ambulatoire de l’Hôpital Jean-Talon, en convient, les allergies peuvent avoir un grand impact sur notre qualité de vie. Heureusement plusieurs solutions existent.

Parfois banalisées, les allergies peuvent pourtant nuire au sommeil, à la concentration et à la qualité de vie des personnes qui en souffrent. Bonne nouvelle : mieux comprendre ce qui cause les allergies permet de mieux les prévenir et de mieux les traiter. Voici l’essentiel à savoir pour vous aider à traverser la saison du pollen avec un peu plus de souffle.

Que sont les allergies saisonnières?

Le pollen d’arbres, la salive de chat présente sur ses poils, les acariens… autant de substances qui déclenchent fréquemment des réactions allergiques. Si vos yeux commencent à larmoyer rien qu’à la vue de cette courte liste, vous souffrez probablement d’allergies ou de sensibilités respiratoires.

Les allergies saisonnières figurent parmi les allergies les plus répandues. Elles résultent d'une réaction excessive du système immunitaire face à des substances présentes dans l’air, normalement inoffensives pour l’organisme comme celles mentionnées ci-dessus.

Le mécanisme des allergies
 

Lors d’un premier contact avec ces substances, appelées « allergènes », le corps les « enregistre », en quelque sorte, sans forcément provoquer de symptômes. Lors des expositions suivantes à ces allergènes, le système immunitaire les reconnaît comme une « menace » et déclenche rapidement une réaction. En d’autres mots, il s’agit d’une réaction inappropriée du système immunitaire face à une substance normalement inoffensive (l’allergène).

Les réactions allergiques respiratoires se produisent surtout au niveau du nez et des yeux, les principales portes d’entrée de l’air dans votre corps. De nombreuses cellules immunitaires s’y concentrent, prêtes à réagir contre tout envahisseur potentiel.

Contrairement aux allergies dites chroniques, comme celles aux chats, à la moisissure ou aux acariens, les allergies saisonnières dépendent des saisons. Par exemple, le printemps favorise l’apparition d’allergies aux pollens d’arbres et d’arbustes.

Le saviez-vous?

« Au Québec, on retrouve l’herbe à poux parmi les allergènes les plus fréquents », explique Émilie Doucas, infirmière praticienne spécialisée en première ligne (IPSPL). « Elle est très présente dans l’environnement, particulièrement de la fin juillet à septembre.

Qui peut développer des allergies saisonnières?

Si vous associez encore les allergies saisonnières à l’enfance, vous n’êtes pas seul. Pourtant, elles peuvent apparaître à presque n’importe quel âge.

Les enfants peuvent commencer à présenter des symptômes dès l’âge de trois ans, suite à quelques saisons d’exposition aux pollens ou à d’autres allergènes. Elles deviennent ensuite relativement fréquentes chez les enfants d’âge scolaire et chez les adolescents. Cependant, les adultes n’en sont pas épargnés pour autant!

Certaines personnes découvrent même leurs allergies à des âges plus avancés, parfois à la suite d’un changement d’environnement. C’est notamment le cas chez des personnes immigrantes qui sont exposées à de nouveaux pollens une fois arrivées au Québec.

Le saviez-vous?      

Ce qu'on hérite de sa famille joue un rôle important dans l’apparition des allergies saisonnières. Si vous ou des membres de votre famille souffrez déjà d’asthme, d’eczéma ou d’allergies alimentaires, vos chances d’en développer sont malheureusement plus élevées.

Est-ce que les symptômes durent toute la vie?
 

Chez certaines personnes, les symptômes peuvent diminuer avec le temps, surtout lorsque les allergies sont bien traitées.
Chez d’autres, ces symptômes persistent pendant de nombreuses années ou des décennies. Émilie Doucas précise que : « Si on continue de s'exposer aux allergènes présents dans l’environnement, ce sont des symptômes qu’on peut avoir toute notre vie. »

En effet, il n’existe donc pas de « tolérance naturelle » garantie avec l’âge ou avec la fréquence.

Ceci étant dit, une bonne gestion de vos symptômes, combinant traitements appropriés et réduction de l’exposition, permet souvent de mieux contrôler les allergies et de réduire leur impact sur votre quotidien.

Vrai ou faux? Si vous êtes allergique aux chats et que vous adoptez un chat comme animal de compagnie, vous y deviendrez moins allergique au fil du temps?    

Faux. Il est inexact de croire que le système immunitaire se « désensibilisera » à la salive du chat avec une exposition prolongée. En réalité, ce n'est pas une adaptation immunologique, mais plutôt une accoutumance progressive aux symptômes allergiques. Vous vous habituez à l'inflammation des organes affectés — comme le nez (rhinite allergique) ou les yeux — sans que ces réactions disparaissent pour autant.  Vos symptômes persistent, mais vous les percevez de manière moins consciente.

Comment traiter ou prévenir les allergies de façon efficace?

La prise en charge des allergies repose sur deux grands principes : réduire l’exposition aux allergènes et traiter l’inflammation.

Du côté de la prévention, vous pouvez adopter quelques gestes simples qui peuvent faire une réelle différence :

  • surveillez l’indice de pollen;
  • évitez les activités extérieures tôt le matin ou lorsqu'il y a beaucoup de vent;
  • gardez les fenêtres fermées pendant les périodes de forte pollinisation;
  • prenez une douche et changez de vêtements après avoir passé du temps à l’extérieur;
  • ne faites pas sécher vos vêtements dehors.

Pour le traitement, les antihistaminiques peuvent soulager rapidement vos symptômes, comme les éternuements, les démangeaisons et l’écoulement nasal. Toutefois, si votre nez demeure bouché ou congestionné après en avoir essayé, les corticostéroïdes intranasaux sous forme de vaporisateurs nasaux demeurent le traitement de base le plus efficace. Utilisés correctement, ils sont sécuritaires et bien tolérés.

Dans certains cas plus sévères, une désensibilisation (immunothérapie) vous serait peut-être bénéfique. Elle vise à agir sur la cause des allergies en rééduquant le système immunitaire par l’exposition à des doses progressives d’allergènes (par exemple par des gouttes ou comprimés sous la langue). La désensibilisation doit être prescrite par un allergologue suite à une visite médicale. Vous devrez également prendre votre première dose directement à la clinique d’allergies.

L’impact de la météo, de l’environnement et des changements climatiques
 

Vous l’aurez sans doute déjà remarqué : certaines journées sont pires que d’autres. Ce n’est pas un hasard. La météo influence directement la quantité de pollen dans l’air. Les journées chaudes et sèches avec du vent favorisent la dispersion des allergènes, alors que la pluie les fait retomber au sol.

L’environnement joue aussi un rôle clé. La pollution atmosphérique, la fumée de tabac ou celle des feux de forêt peuvent irriter vos voies respiratoires et aggraver vos symptômes, surtout si vous souffrez d’asthme ou d’allergies quelconques.

À plus grande échelle, les changements climatiques modifient la donne. Selon l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), les saisons propices aux pollens commencent plus tôt, durent plus longtemps et produisent davantage de pollen. Résultat : vous pouvez ressentir des symptômes sur une plus longue période qu’avant.

Quand faut-il consulter?
 

Vous n’avez pas besoin de consulter dès les premiers éternuements ni le premier picotement de votre nez. Pour des symptômes légers, un pharmacien peut vous aider à faire un premier tri et vous conseiller sur les options disponibles en vente libre.

En revanche, vous devriez rechercher une consultation médicale si :

  • vos symptômes persistent malgré les antihistaminiques en vente libre;
  • vos allergies nuisent à votre sommeil, à votre travail ou à vos activités quotidiennes;
  • vous ressentez une aggravation de votre asthme ou une sensation de poitrine serrée ou si vous développez une respiration sifflante;
  • les effets secondaires de vos médicaments deviennent trop difficiles à tolérer.

Chez les enfants, il est particulièrement important de consulter si leurs allergies affectent leur sommeil, leur concentration ou si elles entraînent des infections répétées comme des sinusites ou des otites.

« Quand ça a un impact sur la qualité de vie, c’est le moment d’aller consulter. » résume Émilie Doucas, IPSPL.

Les allergies respiratoires saisonnières font désormais partie du quotidien de nombreuses personnes, parfois lors de nombreux mois. Bien qu’elles puissent être persistantes, elles ne sont pas une fatalité.

En comprenant mieux ce qui les déclenche, en restant attentif aux conditions environnementales et en utilisant les bons outils, qu’ils soient préventifs ou thérapeutiques, vous pouvez réduire leur impact sur votre qualité de vie. Et surtout, vous n’avez pas à les endurer seul. Des solutions existent. Les professionnels de la santé, comme les pharmaciens, les médecins de famille et les infirmières praticiennes spécialisées en première ligne (IPSPL), sont là pour vous accompagner, saison après saison.

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