Nouvelles du CIUSSS

Prévention du suicide : 5 conseils pour aider un proche qui a des pensées suicidaires

Le Plan de prévention du suicide au CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal compte sur l’expertise de ses trois coporteuses : Dre Josée Laganière, psychologue et adjointe à la directrice des programmes de santé mentale et dépendance, Dre Laïla El Amrani, cheffe du service Développement de la pratique professionnelle ainsi que Sarah Sahtali, infirmière praticienne et conseillère cadre en soins infirmiers, spécialisée en santé mentale. Elles ont la mission de sensibiliser l’ensemble des professionnels et des infirmières de l’organisation aux meilleures pratiques en prévention du suicide.

Pour ces expertes, il y a généralement des signes avant-coureurs indiquant qu’une personne pense au suicide, mais ils varient énormément. L’essentiel est de rester attentif, présent et bienveillant pour la personne, sans céder à la panique.

Un premier pas consiste à ouvrir les yeux sur celles et ceux qui vont moins bien, qui semblent plus tristes ou plus fragiles. La clé est de développer une véritable sensibilité à l’autre.

Comme l’explique Dre Laïla El Amrani, il s’agit « d’avoir de bonnes antennes pour être à l’affût de signes ou des changements par rapport à cette personne-là ». Les signes les plus fréquents d’intentions suicidaires demeurent un changement dans le comportement ou de l’état de la personne. Par exemple, vous remarquez que quelqu’un d’habituellement sociable devienne progressivement plus effacé et s’isole de plus en plus.

Si vous vous inquiétez pour quelqu’un, n’ayez pas peur de tendre la main et d’oser la discussion. Une fois la conversation engagée, si la personne vous confie avoir des pensées suicidaires, écoutez-la sans jugement, soutenez l’espoir et accompagnez-la vers des ressources d’aide. Il est important de ne pas laisser quelqu’un seul avec ses idées suicidaires.

 

Vrai ou faux : « Parler du suicide, ça protège »

Vrai. « Il ne faut pas avoir peur de parler du suicide ni d’utiliser ce mot », explique Dre Josée Laganière. « Ce n’est pas ça qui va provoquer un suicide chez les gens », insiste-t-elle. Par exemple, les expertes recommandent d’oser et de nommer clairement les mots exacts — en parlant  d’« idées suicidaires », plutôt que d’« idées noires ». Mettre des mots justes sur ce que les personnes en détresse vivent, c’est une façon de leur tendre la main et de leur offrir un réel soutien.



Vous pourriez vous sentir démuni face à de telles confidences, et c’est normal. L’essentiel est de se rappeler que de l’aide existe. Des ressources peuvent soutenir toute personne vivant une détresse, peu importe leur parcours ou leur réalité.

Le Centre de prévention du suicide de Montréal (anciennement Suicide Action Montréal) offre de nombreuses informations sur la manière de soutenir un membre de la famille, un collègue ou un ami.
 

Saviez-vous que 30 % des interventions du Centre de prévention du suicide de Montréal concernent un membre de l’entourage de la personne qui pense au suicide?

Quoi faire pour aider un proche qui a des pensées suicidaires?

1. Restez calme
 

Même si la situation est inquiétante, ne cédez pas à la panique. Posez des questions claires et directes, telles : « Penses-tu au suicide? Depuis quand y réfléchis-tu? Est-ce que cela t’arrive souvent? ».

2. Créez un climat de confiance
 

Assurez-vous d’être dans un endroit propice aux confidences. Soyez à l’écoute de votre proche et ayez des paroles empathiques. Montrez-lui que vous comprenez sa souffrance et laissez-lui l’espace nécessaire pour s’exprimer.

3. Entamez un dialogue
 

Nommez vos inquiétudes à la personne qui manifeste le désir de mourir. Ne lui faites pas la morale. Ne minimisez pas non plus ses problèmes. Tout le monde réagit différemment à des situations similaires en apparence. Le dialogue donne des leviers pour trouver des pistes de solution.

4. Suscitez l'espoir
 

Une personne qui ne va pas bien peut avoir l’impression qu’elle ne s’en sortira jamais. Pourtant, c’est faux. Chaque personne a le potentiel d’aller mieux avec l’aide appropriée. En parlant avec elle, essayez de raviver sa confiance et sa capacité à espérer un changement. Rappelez-lui toutes les raisons qui l’ancrent dans la vie : sa famille, ses proches, ou encore des projets qui lui tenaient autrefois à cœur.

5. Vérifiez l’existence d’un plan
 

Cherchez à savoir où la personne est rendue dans ses réflexions en lien avec le suicide. A-t-elle planifié la façon dont elle mettra fin à ses jours? A-t-elle décidé où et quand elle souhaite mettre son plan à exécution? Plus il y a d’éléments confirmés, plus le niveau d’urgence est élevé. Ainsi, si vous craignez pour la vie de votre proche, composez le 911 pour obtenir de l’aide immédiate.

 

Vous n’avez pas besoin d’expertise particulière pour aider une personne qui pense au suicide. C’est normal que vous n’ayez pas toutes les réponses. L’essentiel est d’être là pour la personne et de l’orienter vers une ressource.

Ressources d'aide

  Des intervenants en prévention du suicide sont disponibles 24 heures / 24, 7 jours / 7. Plusieurs ressources offrent des options de clavardage ou de textos, en plus du téléphone.

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