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Dépistage du cancer colorectal : détecter tôt pour mieux guérir

La Société canadienne du cancer a estimé qu’en 2025, 26 400 personnes recevront un diagnostic de cancer colorectal au Canada. Il s’agit de l’un des cancers les plus fréquents au pays. Comme cette maladie évolue souvent de façon silencieuse, il est essentiel de s’informer et de comprendre les outils disponibles pour la détecter tôt. Le mois de mars est dédié à la sensibilisation et à la prévention. Oliver Morin Desjardins, infirmier pivot en oncologie à l’Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal, nous en parle davantage.

Comprendre le cancer colorectal


Le côlon et le rectum font partie du système digestif : ils absorbent l’eau, récupèrent certains nutriments et évacuent les déchets. Le cancer colorectal apparaît lorsque des cellules du côlon ou du rectum se mettent à se multiplier de façon anormale. Elles peuvent former une masse, appelée tumeur, qui risque d’envahir les tissus aux alentours ou de se propager ailleurs dans le corps.

Avant de devenir cancéreuses, certaines cellules subissent parfois des transformations et forment des polypes (excroissance). Ceux-ci sont généralement sans danger, mais peuvent évoluer en cancer s’ils ne sont pas retirés.

Au quotidien, Oliver Morin Desjardins rencontre de nombreuses personnes touchées par ce cancer. Infirmier spécialiste des cancers du système digestif, il aide ses patients à naviguer au travers du système de santé au quotidien.  

Détecter le cancer tôt pour mieux le traiter


Entre 50 et 74 ans, il est recommandé de se faire dépister tous les deux ans. Le test de dépistage, appelé RSOSi (recherche de sang occulte dans les selles), est rapide et non invasif. Il consiste à prélever un échantillon de selles chez soi, qui sera ensuite analysé en laboratoire pour détecter la présence de sang. « Si le résultat est positif, il y a une deuxième phase de dépistage, la colonoscopie. On examine le côlon avec une caméra », ajoute l’infirmier pivot.
 

      

Vous avez entre 50 et 74 ans?

Le cancer colorectal est fréquent, mais un dépistage régulier permet de le détecter tôt et d’augmenter les chances de guérison. Aucune référence n'est requise.

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 Par téléphone : 514 644-4545

Pourquoi se faire dépister régulièrement?


« Si on est capable de dépister, on peut intervenir rapidement. Lorsqu’on découvre la maladie tôt, on peut agir. Lorsqu’on découvre la maladie trop tard, c’est plus difficile. Les traitements ne seront pas toujours optimaux », explique M. Morin Desjardins.

Au stade précoce, il est possible de faire des changements pour tenter de rectifier le tir. On peut notamment améliorer l’hygiène de vie et les habitudes de la personne afin d’augmenter ses chances de guérir. Au stade 1, le pronostic de survie cinq ans après le diagnostic est de 92% pour le cancer du côlon, et de 91% pour celui du rectum.

Pour les personnes ayant des antécédents familiaux ou médicaux particuliers, le dépistage peut être recommandé plus tôt. « On va suggérer de commencer les dépistages 10 ans avant l’âge auquel un membre de la famille a reçu son diagnostic. Par exemple, si un parent a eu un cancer colorectal à 55 ans, on peut essayer de dépister vers 45 ans », précise-t-il.

D’autres problèmes, comme des maladies inflammatoires ou immunitaires, et même le stress et l’anxiété sont des facteurs de risques qui peuvent faire que le cancer se développe plus tôt.

Les traitements : une approche combinée


« Le premier traitement possible, si le dossier le permet et si le patient est assez en santé, c’est la chirurgie pour enlever le cancer », explique M. Morin Desjardins. D’abord, on va combiner la radiothérapie, qui va affaiblir les cellules dangereuses, et la chimiothérapie, qui va les tuer. Par la suite, avec la chirurgie, on va aller retirer les cellules cancéreuses.

Dans les cancers métastatiques, lorsque les cellules se sont propagées ailleurs, d’autres approches existent. L’immunothérapie est l’avancée la plus récente pour les cancers du système digestif. Elle consiste à stimuler le système immunitaire afin qu’il reconnaisse et attaque les cellules cancéreuses. Le patient devient cependant plus vulnérable aux infections. « On analyse chaque dossier avec le médecin pour déterminer si l’immunothérapie sera efficace pour la personne », précise-t-il.
 

Un autre élément joue un rôle important dans le processus de guérison : avoir une bonne santé mentale. Des psychologues en oncologie et même des sexologues existent pour aider les patients à faire face aux défis qui peuvent survenir dans leur quotidien ou dans leur couple.

Comment vivre avec une stomie?


Dans certains cas, une stomie fait partie du traitement. On relie une partie du côlon à une ouverture (stoma) dans l’abdomen afin d’évacuer les selles dans une poche étanche. « On va aller faire une stomie, donner une pause au système digestif, enlever la tumeur, puis au bout d'un an, on va pouvoir anastomoser, donc remettre les deux bouts ensemble », explique l’infirmier en oncologie digestive.

À noter que, tout le monde n’a pas nécessairement la possibilité de fermer sa stomie. Dans les cas où la maladie est trop avancée, cela devient une mesure permanente. Vivre avec une stomie comporte ses défis, mais il existe des ressources pour aider. Cancer colorectal Canada et l'Association québécoise des patients stomisés offrent du soutien, de l’information et de l’accompagnement aux patients.

Il ne faut pas hésiter à parler de sa situation, car beaucoup vivent des réalités semblables. Partager son expérience contribue à briser l’isolement et à démystifier cette condition.

 

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