Qu'est-ce qu'un trouble neurocognitif majeur?
Les troubles neurocognitifs majeurs, dont la maladie d’Alzheimer, sont un groupe de maladies qui altèrent graduellement les capacités mentales. Anciennement, on les appelait « démences ».
Ces maladies peuvent affecter la mémoire, le langage, le raisonnement, l’orientation, la perception visuelle et même les interactions sociales. Elles ne se manifestent pas toutes de la même manière, mais elles ont en commun de diminuer la capacité à faire les activités du quotidien. Ce ne sont pas de simples oublis dus au stress ou à la fatigue.
Avant de poser un diagnostic, les professionnels évaluent d’abord les autres causes possibles, car elles peuvent parfois être traitées : l’apnée du sommeil, les changements hormonaux, l’anxiété sévère, certains cancers ou leurs traitements, le délirium, un état de confusion temporaire, etc.
Qu'est-ce que la cognition? La cognition est ce que le cerveau nous permet de faire. Nous pensons, apprenons, retenons et interagissons avec les autres. |
Comment différencier le vieillissement normal d'un trouble?
« Oublier parfois ses clés, c’est normal. Toutefois, oublier une conversation qu’on a eue la veille, se perdre en voiture ou oublier de payer un compte pendant plusieurs mois, c’est préoccupant » mentionne Renée Léonard.
Des changements marqués dans la communication, l’orientation ou les habitudes sont tous des signes sérieux à ne pas négliger. Par exemple : un parent autrefois très bavard qui n’est plus capable de suivre une conversation ou un proche qui se perd dans son quartier.
5 signaux d'alerte à surveiller
- Oublis fréquents et incapacité à retenir de nouvelles informations;
- Perte d'orientation (jour, lieu, pays);
- Difficultés à gérer ses finances ou sa prise de médicaments;
- Ne plus pouvoir faire des activités de tous les jours (épicerie, repas, hygiène) alors qu'elles étaient facilement exécutées avant.
L’infirmière clinicienne rappelle que la vigilance de l’entourage s’avère primordiale pour détecter un changement cognitif chez un proche. « De manière générale, vous devez commencer à vous inquiéter quand une personne adopte des comportements différents de ses habitudes, sans autre explication. »
Est-il possible de ralentir la progression?
Pour les personnes vivant avec un trouble neurocognitif et leurs proches, l’espoir demeure. Un mode de vie sain peut retarder ou ralentir la progression des symptômes.
12 conseils pour prendre soin de votre santé cognitive
Certains médicaments peuvent également ralentir la progression des symptômes chez certaines personnes. Ils peuvent causer des effets secondaires et perdre de l’efficacité avec le temps. Parlez-en avec un professionnel de la santé, car chaque situation nécessite une évaluation individualisée.
Quand la maladie évolue, posez des gestes simples
- Gardez les mêmes routines (lever, repas, coucher) pour favoriser l’orientation et la confiance;
- Conservez les repères visuels;
- Enlevez certains objets s'ils peuvent causer de l’anxiété ou de la détresse chez les personnes qui vivent avec la maladie (mirroirs, photos...).
Dignité et autonomie
« La personne qui vit avec la maladie est une personne à part entière, avec son histoire et ses valeurs. Elle mérite respect, dignité et bienveillance », rappelle Renée.
Elle aura besoin d’aide pour maintenir son autonomie le plus longtemps possible. Poursuivre ses activités habituelles et adapter le soutien, au fil du temps, selon ses capacités.
Au début, informez-vous sur la maladie et son évolution. Vous comprendrez que certains gestes et paroles ne sont pas volontaires. « Les changements font partie de la maladie et ce n’est pas la faute de la personne atteinte », explique Renée Léonard.
Les défis des proches aidants
Être proche aidant est exigeant parfois frustrant. Les petites victoires et les sourires comptent beaucoup. Reconnaissez votre rôle. Prenez des pauses. Demandez de l’aide. « Un proche aidant hospitalisé ne peut plus aider. Il faut agir avant d’être épuisé » insiste l’infirmière clinicienne.
Quand et comment demander de l’aide?
La charge peut devenir lourde (stress, isolement, problèmes financiers). Il est essentiel de demander de l’aide dès que la routine devient trop exigeante. Même si la personne vivant avec la maladie préfère l’aide du partenaire, un intervenant peut aider. Cela soutient la famille et prévient l’épuisement.
Pour de l'écoute et des conseils, appelez l’Accueil psychosocial au 514 940-3300.
Services adaptés, faites une demande au soutien à domicile de votre CLSC.
Si vous soupçonnez un trouble neurocognitif majeur chez un proche :
Notez les signes, le moment où ils apparaissent et leur durée;
Prenez rendez-vous avec son médecin de famille ou une infirmière clinicienne pour une évaluation cognitive;
Si la personne n’a pas de médecin de famille, appelez le Guichet d’accès à la première ligne au 811, option 3.
Comment garder l’espoir malgré le diagnostic?
Malgré le choc initial, la vie ne s’arrête pas après un diagnostic de maladie d'Alzheimer ou d’un autre trouble neurocognitif majeur. La maladie est graduelle, les personnes ont encore des capacités. Pour Renée Léonard : « Oui, on a la maladie, mais on est encore des êtres humains. Il faut continuer de faire les choses qu’on aime. »



